La Loi seniors instaure un contrat de valorisation de l’expérience pour les seuls salariés âgés d’au moins 60 ans.
Cette mesure – introduite à titre expérimental pour une période de 5 ans s’achevant le 24 octobre 2030 – permet de régulariser un contrat au cours de ces 5 années, lequel prendra la forme d’un CDI.
Ce contrat peut être conclu pour les salariés :
– Agés d’au moins 60 ans (ou 57 ans en cas d’accord de branche) ;
– Qui sont inscrits sur la liste des demandeurs d’emploi auprès de France Travail ;
– Qui ne peuvent bénéficier d’une pension de retraite de base à taux plein d’un régime légalement obligatoire
– Qui n’ont pas été salariés au cours des 6 derniers mois de l’entreprise ou d’une entreprise appartenant au même groupe.
Les salariés seniors ne parvenant pas à surmonter les difficultés de retrouver un emploi disposent donc, avec ce nouvel outil, d’une ressource très utile facilitant leur retour en entreprise.
Mais pour l’entreprise – non-indifférente aux compétences et à l’expérience acquise par un salarié senior – et dont les craintes résident essentiellement dans les modalités de fin du contrat, trouvera un intérêt précieux à recourir au CVE , dès lors que :
– Le salarié a l’obligation de fournir à son employeur, au stade de l’embauche, le document de la CNAV lui permettant de connaître la date prévisible de sa retraite à taux plein ;
– L’employeur dispose de toute faculté pour mettre à la retraite le salarié en CVE, et sans qu’il ne soit nécessaire de recueillir son accord, dès lors que celui-ci a atteint l’âge légal de départ à la retraite à taux plein ;
– L’indemnité de mise à la retraite est exonérée, pour les CVE, de contributions patronales spécifiques de 30% – aujourd’hui de 40% depuis le 1er janvier 2026 – contrairement à la mise à la retraite des salariés ayant conclu un contrat classique.
Il est utile de rappeler que, selon les contrats classiques – soit hors CVE – un employeur ne peut mettre son salarié à la retraite qu’après 67 ans , et uniquement après lui avoir adressé un courrier, 3 mois avant qu’il n’atteigne l’âge de la liquidation à taux plein, visant à l’interroger sur son intention de quitter volontairement l’entreprise.
Le salarié dispose alors d’un délai de 1 mois pour y répondre.
Si sa réponse est négative, aucune mise à la retraite ne peut être prononcée par l’employeur pendant 1 an.
La procédure se répète ainsi chaque année jusqu’aux 70 ans du salarié.
L’employeur ne peut donc, pour la plupart des contrats, mettre son salarié à la retraite de façon unilatérale, qu’à compter de ses 70 ans.
Pour le CVE, l’hypothèse d’une mise à la retraite unilatérale est, à l’issue, tout à fait possible et ce, dès lors que le salarié a la possibilité de percevoir une retraite à taux plein, ce dont l’employeur est nécessairement informé puisqu’il dispose du relevé que le salarié lui a obligatoirement transmis au stade de l’embauche.